ASSOCIATION POUR L'AVENIR DES DIFFUSEURS DE PRESSE

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On ne sauvera pas la presse papier sans changer les habitudes et les postures

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On se croirait revenus en 1992, en période post-soviétique. A l’époque, quelques « démocrates » russes, venant de voir avec surprise s’opérer le démantèlement de l’URSS, abordaient les américains avec assurance, prétendant partager le pouvoir à égalité dans un cadre nouveau et rejetant toute remise en question des rapports de force. Ils oubliaient un peu vite leur incapacité à se remettre en question et les causes de la situation. Les Etats-Unis ne pouvaient accepter un accord dont ils savaient qu’il n’était pas fondé et par conséquent pas durable.

 

Il en est de même dans le domaine de la Presse écrite, que l’on pourrait d’ailleurs, par beaucoup de côtés, apparenter au communisme. Comme l’étaient les travailleurs russes, les marchands de presse et kiosquiers ne sont t’ils pas  les victimes de leur syndicat qui défend bec et ongles une forme de stakhanovisme ?

 

Le retard social des marchands et le management unilatéral des éditeurs en sont de bons exemples mais ce ne sont pas les seuls. Le fonctionnement et les documents régissant la filière toute entière fourmillent d’autres exemples.

 

Les ventes et le réseau de vente s’effondrent par l’incapacité des éditeurs à surseoir à leurs intérêts immédiats pour garantir leur pérennité. Les décideurs n’arrivent pas à admettre que leur planche de salut repose sur le changement de relations avec leurs partenaires. Même lorsqu’ils cherchent des solutions ils sont incapables d’en trouver car ils mettent comme préalable la conservation de leur domination sans partage.

 

Cette domination s’exerce au travers d’un CSMP partial phagocyté mais aussi d’un syndicat unique de marchands adoubé et protégé. 

 

Dans tous les autres secteurs d’activité les dirigeants ont compris depuis fort longtemps que l’intéressement était un gage de réussite. Dans la distribution de la  presse papier, on aimerait continuer à manager par la contrainte. Ainsi, il n’est pas envisageable, même pour les plus ouverts, de substituer l’instauration d’objectifs aux marchands, aux contraintes imposées à ces marchands, censées permettre l’atteinte de ces mêmes objectifs. Le manque de confiance est en eux, pas en les marchands comme ils aimeraient s’en convaincre. En effet, il est tout à fait possible, et même recommandé, d’assortir les objectifs de conséquences. Ainsi, ce serait les marchands qui assumeraient le risque et non plus les éditeurs. Mais il leur semble préférable de conserver la maîtrise d’un système qui se meurt que de prendre le risque de l’adapter à un autre qui fait ses preuves dans tous les autres domaines d’activité.

 

Aujourd’hui ils ont le choix entre intéresser les marchands ou les voir partir et sont incapables de franchir le pas. On ne se refait pas !

 

Sans l’aide de l’Etat, ils n’y arriveront pas, tant ils sont individualistes et contraints par la recherche de résultats immédiats. Les notions de pluralisme, indépendance, diversité de l’offre,  proximité, semblent leurs être subordonnées à celles de profits, exonérations et aides publiques qu’ils considèrent comme acquises, s’exonérant de partager la valeur avec les autres acteurs de la filière.

 

En 1947, l’Etat les avait aidés en leur ôtant toute velléité de concurrence sur la distribution par l’obligation de s’inscrire dans un système coopératif. Aujourd’hui il doit intervenir à nouveau pour étendre cette protection des éditeurs contre eux-mêmes au réseau commercial à leur disposition au risque de l’effondrement du système.



09/03/2016
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