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AADP pour l'avenir des diffuseurs de presse

Une analyse de la situation

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En cette fin d'année 2021 il est temps de synthétiser les faits.

1/ Le point acquis le plus important pour les marchands est la fin du choix de leur représentant par les éditeurs et les messageries dont ils sont les clients. 

Il était impensable qu'une partie fasse le choix de celui qui représenterait ses opposants. C'était s'assurer qu'il ne s'opposerait pas s'il voulait garder sa place. Et, du fait, c'était offrir une rente de situation à celui qui acceptait de jouer ce rôle. L'opposition n'était que théorique et la représentation aussi. Le représentant était choisi pour sa bienveillance à l'égard des intérêts des éditeurs et son acceptation de faire passer ceux des marchands à l'arrière-plan. Pour des éditeurs qui ne pensaient qu'en termes d'économies de coûts ils étaient certain de ne rien devoir lâcher. Et quand la justice leur donnait tort, il leur suffisait d'imposer un accord qui contourne la Loi à ce représentant complaisant. On en a eu l'exemple avec les Trop vieux. La Loi a imposé un remboursement de trop vieux jusqu'à 5 ans en arrière. Immédiatement après l'UNDP (CP) a signé un accord limitant la reprise des trop-vieux à 30 jours; Comme ça, plus aucun marchand ne pourrait aller en justice réclamer. 

Désormais, les éditeurs sont libres de continuer à s'entendre uniquement avec Culture Presse mais ne pourront plus signer d'accord avec cet organisme qui s'imposerait à d'autres que ses propres adhérents. Et en aucun cas un tel accord ne pourrait s'appliquer à tous les marchands. Il faudra pour cela que l'accord soit aussi discuté et validé par les autres représentants des marchands. Terminé donc les arrangements entre amis qui s'imposent aux autres.

2/ La deuxième évolution importante est le rééquilibrage des pouvoirs.
Les éditeurs décidaient seuls, selon leurs intérêts et leurs priorités. Ainsi les besoins du réseau n'étaient jamais abordés et encore moins traités. Désormais les décisions seront collégiales. Un Comité de concertation regroupe les différents acteurs pour étudier les sujets qui seront traités.
Et un régulateur indépendant (l'ARCEP) s'assure du bon fonctionnement de ce comité pour éviter les arrangements entre amis au détriment de la filière. Cela change tout. 

Prenez l'exemple de l'approvisionnement des points de vente. Les éditeurs (aidés par les messageries) ont joué la montre pour que l'assortiment ne soit pas mis en oeuvre. L'ARCEP a fait preuve de patience mais elle vient de trancher : l'assortiment doit être réalisé au plus tard le 1er octobre 2022 et, si les éditeurs ne veulent pas le définir de bonne foi avec les marchands, en attendant ce sont les marchands qui le définiront comme ils le veulent. Une bonne manière de dire que les éditeurs ne sont pas contraints par le régulateur mais qu'ils ont tout intérêt à faire ce qu'on leur demande. 

3/ La troisième évolution importante est le changement de la facturation
 Au 1er octobre 2022 encore, les SADP (messageries agréées par l'ARCEP) ont l'obligation de ne plus facturer que les ventes aux marchands qui en feront la demande. Cela signifie que la facture ne pourra être faite qu'après la relève de la parution (au lieu de l'être dès la mise en place avec un remboursement des invendus après la relève). Pour les marchands c'est à la fois une simplification des factures et une économie de trésorerie. avec une seule facture détaillée au lieu de deux non détaillées (facture des fournis et crédit d'invendus) nous allons pouvoir enfin maîtriser ce qui nous est facturé. Et en ne payant qu'après la vente nous sommes enfin assurés de ne plus jamais avancer de trésorerie. Culture Presse a beau prétendre que nous n'avançons pas de trésorerie les messageries parlent de 75 M€ à trouver pour remplacer ce que les marchands n'avanceront plus. 
Cela représente en moyenne 3575 € par point de vente, tout en sachant que la moyenne n'est pas représentative du fait des grandes différences qui existent entre les points de vente en termes de ventes.

Là encore, les éditeurs et les SADP n'étaient pas intéressés par la mise en place de cette facturation des ventes. Maintenant ils y sont obligés. Mais ils ont le choix de réfléchir aussi vite qu'ils le veulent à l'exploitation des données de nos caisses pour faire remonter le montant de nos ventes au fil de l'eau plutôt que d'attendre la relève. A eux de se bouger pour limiter le temps d'attente. Et, tout à coup, vous allez voir, l'exploitation des ventes indiquées par nos caisses va devenir rapidement possible. Miracle.  

Voilà pour cette année 2021. 
D'autres sujets vont voir le jour en 2022.
Redéfinition des contrats, rémunération, attractivité du métier, nouvelles implantations...
Les négociations seront encore longues mais maintenant elles aboutiront à quelque chose de positif pour la filière au lieu de satisfaire les intérêts de quelques acteurs influents au détriment des autres.

L'AADP sera là pour défendre l'intérêt des marchands et celui de la filière. 
  

Si tu veux la paix, prépare la guerre.

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